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La question du lien entre les droits de l’homme et l’environnement commence à émerger. Plusieurs rapports de l’ONU montrent que la dégradation de l’environnement et le réchauffement climatique peuvent porter atteinte aux droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques fondamentaux.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a adopté plusieurs résolutions qui reconnaissent le lien entre les droits de l’homme et l’environnement. Il a également créé un mandat de rapporteur spécial sur la question des obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable. Dans un rapport rédigé en 2019 par le rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, on apprend que le réchauffement climatique risque de nuire non seulement aux droits fondamentaux à la vie, à l’eau, à l’alimentation et au logement, mais aussi aux droits à la démocratie et à l’état de droit.

En 2018, près de 28 millions de personnes dans le monde ont été déplacées de force en raison de conflits et de catastrophes naturelles, telles que des inondations, des tempêtes, des tremblements de terre et des sécheresses. Le changement climatique est l’une des causes principales de la croissance du phénomène migratoire, lequel pourrait exacerber les tendances, tensions et instabilité perçues actuellement par la population.

Le Programme 2030 et les objectifs de développement durable tiennent compte de l’interconnexion entre les objectifs en matière d’environnement, de développement et de droits de l’homme. L’accord de Paris est la première convention sur le climat qui fait référence aux droits de l’homme.

Si la communauté internationale est largement d’accord sur le lien entre les droits de l’homme et l’environnement, la mise en œuvre des normes de protection de l’environnement et leur équilibre avec les intérêts économiques sont marqués par des controverses et des litiges politiques, ainsi que par une violence et une répression croissantes. Les défenseurs des droits de l’homme œuvrant pour la protection de l’environnement et luttant contre le réchauffement climatique sont particulièrement touchés par le rétrécissement de l’espace dévolu à la société civile et sont exposés à la répression des acteurs qui disposent d’exploitations non durables de ressources naturelles.

Le Forum examinera le rôle que l’Union européenne peut jouer dans l’élaboration d’un avenir environnemental équitable qui s’appuie sur la protection des droits de l’homme pour tous et en fait la promotion.

Le Forum abordera ces sujets à travers trois points clés :

L’accès à l’information et la participation sont essentiels pour assurer la responsabilisation et la prise de décisions éclairées sur les questions environnementales. Le Forum examinera les outils existants et les défis à relever pour permettre une prise de décisions environnementales éclairée et fondée sur les droits de l’homme.

Le devoir de diligence et l’accès à la justice. Le Forum envisagera des méthodes pour prévenir et traiter les incidences négatives sur les droits de l’homme des politiques et des projets, et les risques environnementaux qu’ils comportent. Le Forum se penchera aussi sur les moyens d’autonomiser ceux qui subissent des dommages à demander justice et à obtenir réparation devant des tribunaux indépendants.

La protection et l’autonomisation des défenseurs des droits de l’homme travaillant sur des questions environnementales. Le Forum discutera de stratégies visant à renforcer la protection et l’autonomisation de ceux qui défendent l’environnement et luttent contre le changement climatique.

Une attention particulière sera accordée à des groupes spécifiques tels que les peuples autochtone, les femmes et les jeunes.

Objectifs du Forum UE-ONG

  • Encourager les connexions, les échanges, les partenariats et le développement de compétences.
  • Comprendre les nouveaux défis naissant du lien entre les droits de l’homme et l’environnement.
  • Revoir et approfondir les réponses et les meilleures pratiques déjà envisagées par l’Union européenne et par d’autres politiques internationales et régionales.
  • Examiner les moyens d’améliorer et de développer les outils dont l’Union européenne dispose en matière de droits de l’homme, afin de relever des défis spécifiques aux droits de l’homme et à l’environnement d’une part, et au changement climatique d’autre part.
  • Envisager de renforcer le développement du droit international de l’environnement, afin de protéger le droit à un environnement sain.

Format et participants

Sont prévues deux journées de discussions participatives comprenant deux sessions plénières rassemblant de hauts décisionnaires, ainsi que des groupes de travail interactifs centrés sur les obligations en matière de droits de l’homme se rapportant à un environnement sûr, propre, sain et durable.

Le Forum réunira des représentants d’ONG de défense des droits de l’homme et de l’environnement travaillant sur le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant et sur d’autres sujets relatifs au lien entre les droits de l’homme et l’environnement au niveau local ou international, mais également des experts en droits de l’homme et en environnement venant d’institutions et de délégations de l’Union européenne, d’États membres et d’organisations internationales.

Orateurs de haut niveau potentiellement présents :

  • HR/VP de l’Union européenne
  • Commissaire européen à la coopération internationale et au développement
  • RSUE M. Gilmore
  • Michelle Bachelet — Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme
  • Dunja Mijatović — Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
  • Maria Arena — Présidente du sous-comité des droits de l’homme, Parlement européen
  • David R. Boyd — Rapporteur spécial de l’UE sur les droits de l’homme et l’environnement
  • Victoria Tauli-Corpuz — Rapporteuse spéciale de l’UE sur les populations autochtones
  • Michel Forst — Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme
  • Kumi Naidoo — Secrétaire général d’Amnesty et ancien secrétaire général de Greenpeace
  • Mary Robinson — Fondatrice de la fondation Climate Justice, ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’homme et ancienne présidente de l’Irlande
  • Laurent Fabius — Président du conseil constitutionnel français et ancien président de la COP21, président du Groupe International des Experts pour le Pacte